Un repas par jour : fait-il maigrir, et à quel prix ?
| Rubrique | Comment maigrir |
|---|---|
| Temps de lecture | 7 min |
| Publié le | 2 novembre 2026 |
| Rédaction | Par la rédaction |

Un seul grand repas en fin de journée, du café et de l’eau le reste du temps : la formule séduit parce qu’elle supprime le comptage, les collations et les arbitrages à chaque repas. Un repas par jour paraît même la manière la plus simple de réduire les calories. Mais que deviennent la faim, le muscle et le rapport à la nourriture au bout de plusieurs semaines, et à qui cette méthode peut-elle nuire ?
En bref
- Manger un seul repas par jour peut faire perdre du poids, parce qu’on mange souvent moins, mais la preuve reste mince : un essai spécifique de 8 semaines sur des adultes de poids normal, et des essais proches (fenêtre de 4 heures) qui rapportent environ 3 % de poids perdu.
- Le prix se lit dans les mesures : faim accrue, hausse de la tension artérielle et du cholestérol dans l’essai de référence, et, selon les revues sur le jeûne intermittent, une perte possible de masse maigre.
- Aucune revue ne montre que le jeûne intermittent, sous toutes ses formes, fait mieux qu’une restriction calorique classique.
- La méthode est déconseillée aux mineurs, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes âgées, dénutries ou atteintes d’un cancer, et demande de la prudence en cas de trouble du comportement alimentaire.
Un repas par jour fait-il maigrir ?
Oui, il peut faire maigrir, mais surtout parce qu’il réduit l’énergie consommée, et non grâce à un effet propre du jeûne de 23 heures. Le principe, appelé « OMAD » (one meal a day) ou jeûne 23/1, consiste à concentrer toute la ration de la journée en un seul repas, avec des boissons non caloriques le reste du temps.
Dans un essai publié en 2020 dans la revue Cell Metabolism, des adultes obèses ont mangé uniquement entre 15 h et 19 h (fenêtre de 4 heures), entre 13 h et 19 h, ou sans contrainte. Au bout de 8 semaines, les deux groupes à horaires restreints avaient perdu environ 3 % de leur poids, avec environ 550 kcal de moins par jour, sans avoir compté leurs calories. La fenêtre de 4 heures n’est pas un repas unique, mais elle s’en approche.
Dans l’essai de Stote et coll. (American Journal of Clinical Nutrition, 2007), des adultes de poids normal consommaient exactement leurs besoins, soit en 3 repas, soit en un seul. Leur poids est resté à moins de 2 kg de leur poids initial ; seule la composition corporelle a changé, avec une baisse de la masse grasse. Cet essai visait à maintenir le poids : il montre que la répartition des repas modifie la composition corporelle, pas la balance.
Que montrent les essais sur ce rythme de repas ?
Ils montrent des pertes de poids modestes, comparables à celles d’une restriction calorique classique, et jamais supérieures de façon démontrée. Le tableau regroupe les travaux les plus utiles.
| Étude | Rythme testé | Durée | Résultat sur le poids |
|---|---|---|---|
| Stote, 2007 (adultes de poids normal) | 1 repas ou 3 repas, mêmes calories | 2 périodes de 8 semaines | Poids stable à 2 kg près ; masse grasse en baisse |
| Cienfuegos, 2020 (adultes obèses) | Alimentation limitée à 4 h ou 6 h par jour | 8 semaines | Environ 3 % du poids perdu dans les deux groupes |
| TREAT, 2020 (116 adultes, IMC de 27 à 43) | 16/8 (de 12 h à 20 h) contre 3 repas | 12 semaines | Écart entre les groupes : 0,26 kg, non significatif |
Les revues d’ensemble vont dans le même sens. La revue Cochrane de 2021 conclut que le jeûne intermittent semble plus efficace que de manger sans régime, mais comparable à la restriction calorique continue : 0,88 kg d’écart à court terme et 0,56 kg à moyen terme, sans portée clinique. La méta-analyse en réseau du BMJ de 2025, qui regroupe 99 essais et 6 582 adultes, ne trouve d’avantage qu’au jeûne un jour sur deux, de 1,29 kg par rapport à la restriction continue, et seulement dans les essais de moins de 24 semaines.
Que devient la masse musculaire avec un seul repas par jour ?
Les données propres à un repas par jour manquent, mais plusieurs analyses du jeûne intermittent signalent une perte de masse maigre pouvant s’ajouter à la perte de graisse. D’après une synthèse publiée en 2022 par Elsevier, une méta-analyse de 9 études relève une masse maigre plus basse avec le jeûne intermittent, et une autre, portant sur 7 études et 269 participants, trouve une diminution plus marquée de la masse maigre avec le jeûne un jour sur deux.
Ces essais sont courts, souvent de 4 à 12 semaines, et de qualité inégale, mais ils justifient deux gestes de bon sens. D’abord, associer toute perte de poids à de l’activité physique : la HAS recommande de monter progressivement à au moins 150 minutes d’endurance par semaine, avec quelques séances de renforcement musculaire, pour réduire la perte de muscle. Ensuite, redoubler de vigilance après 70 ans, âge où la HAS alerte sur le risque de fonte musculaire, de fragilité et de dénutrition.
Quels sont les risques d’un repas par jour ?
Les risques documentés sont la faim, des modifications du bilan cardiovasculaire, des apports insuffisants en certains nutriments et, chez les personnes vulnérables, un trouble du comportement alimentaire. Dans l’essai de Stote, les participants à un repas par jour ont ressenti une faim nettement accrue, avec une hausse de la tension artérielle et du cholestérol total, du cholestérol LDL et du HDL.
- Faim et abandons : dans l’essai sur le jeûne un jour sur deux de Trepanowski (100 participants), 38 % des personnes ont abandonné, contre 26 % dans le groupe en restriction continue.
- Nutriments : chez des participants au jeûne intermittent suivis un an, les apports en folates, en magnésium et en potassium ont davantage diminué.
- Effets indésirables : la revue Cochrane n’en relève que dans quatre études, principalement des maux de tête légers ; la durée des essais, de 4 semaines à 6 mois, ne dit rien des effets à long terme.
- Comportement alimentaire : l’ANSES range les troubles psychologiques, dont des comportements de type trouble alimentaire, parmi les risques des régimes suivis sans accompagnement spécialisé.
Autre point de vigilance, relevé par La Revue du Praticien : sauter le petit-déjeuner pourrait être associé à un risque cardiovasculaire plus élevé.
Pour qui un repas par jour est-il déconseillé, et que faire à la place ?
Il est déconseillé aux mineurs, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes âgées, aux personnes dénutries et à celles atteintes d’un cancer, selon La Revue du Praticien, qui précise que l’indication se pèse au cas par cas selon les antécédents et les besoins de chacun. Une personne qui a eu un trouble du comportement alimentaire, ou qui s’interroge à ce sujet, a tout intérêt à en parler à un médecin avant de s’imposer une restriction de ce type.
À la place, la HAS recommande une réduction modérée et personnalisée des apports, un comportement alimentaire guidé par la faim et la satiété, et la mise en garde contre les régimes déséquilibrés ou très restrictifs. Les écarts de calories qui en découlent sont détaillés dans l’article sur les calories d’un kilo, et les excès d’un autre programme extrême sont analysés dans celui consacré au régime Thonon.
Questions fréquentes
Quelle est la différence avec le jeûne 16/8 ?
Le 16/8 laisse 8 heures pour manger, alors que l’OMAD concentre toute la ration en un seul repas. Dans l’essai TREAT de 2020, manger de 12 h à 20 h n’a pas fait mieux que trois repas structurés : 0,26 kg d’écart entre les groupes en 12 semaines.
Peut-on tenir longtemps avec un seul repas par jour ?
Les données d’adhésion sont peu encourageantes : dans l’étude de Trepanowski, 38 % des participants au jeûne un jour sur deux ont abandonné, contre 26 % en restriction continue. L’essai de référence sur un repas par jour n’a duré que 8 semaines.
Faut-il sauter le petit-déjeuner pour maigrir ?
Aucune donnée ne le recommande. La Revue du Praticien relève au contraire une association possible entre petit-déjeuner sauté et risque cardiovasculaire plus élevé. Pour construire un matin qui cale, l’article que manger le matin pour maigrir propose des pistes.
Le poids revient-il à l’arrêt ?
C’est le risque principal. L’ANSES indique que les régimes modifient le métabolisme énergétique et favorisent la reprise de poids, parfois supérieure au poids de départ, et les synthèses sur le jeûne intermittent observent une reprise après six mois avec toute forme de restriction.
Un suivi médical est-il nécessaire ?
Il est recommandé. L’ANSES rappelle qu’une demande d’amaigrissement nécessite un accompagnement spécialisé, par un médecin nutritionniste ou un diététicien, et la HAS demande d’alerter toute personne en surpoids sur les risques des régimes trop restrictifs.
Sources
Sources consultées le 30 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Stote KS et coll., « A controlled trial of reduced meal frequency without caloric restriction in healthy, normal-weight, middle-aged adults », American Journal of Clinical Nutrition, 2007. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17413096/
- Cienfuegos S et coll., « Effects of 4- and 6-h Time-Restricted Feeding on Weight and Cardiometabolic Health: A Randomized Controlled Trial in Adults with Obesity », Cell Metabolism, 2020. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32673591/
- Lowe DA et coll., « Effects of Time-Restricted Eating on Weight Loss and Other Metabolic Parameters in Women and Men With Overweight and Obesity: The TREAT Randomized Clinical Trial », JAMA Internal Medicine, 2020. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32986097/
- Semnani-Azad Z et coll., « Intermittent fasting strategies and their effects on body weight and other cardiometabolic risk factors: systematic review and network meta-analysis of randomised clinical trials », BMJ, 18 juin 2025. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40533200/
- Cochrane, « La limitation des périodes de prise alimentaire (jeûne intermittent) permet-elle de prévenir les maladies cardiovasculaires ? », cochrane.org, 29 janvier 2021. https://cochrane.org/fr/CD013496/VASC_la-limitation-des-periodes-de-prise-alimentaire-jeune-intermittent-permet-elle-de-prevenir-les
- Elsevier, « Le point sur les régimes intermittents », elsevier.com, 3 août 2022. https://www.elsevier.com/fr-fr/connect/le-point-sur-les-regimes-intermittents
- La Revue du Praticien, « Jeûne intermittent : que dit la science ? », larevuedupraticien.fr. https://www.larevuedupraticien.fr/article/jeune-intermittent-que-dit-la-science
- ANSES, « Suite à la mise en consultation de son rapport d’expertise, l’Anses publie un avis sur les régimes amaigrissants », anses.fr, 12 mai 2011. https://www.anses.fr/fr/content/suite-la-mise-en-consultation-de-son-rapport-dexpertise-lanses-publie-un-avis-sur-les
- Haute Autorité de santé, « Surpoids et obésité de l’adulte » (synthèse sur l’activité physique), has-sante.fr, 11 août 2022. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-08/synthese_aps_surpoids_obesite_vf.pdf
- Haute Autorité de santé, « Obésité de l’adulte : améliorer la prise en charge médicale des cas les plus sévères », has-sante.fr, 23 juin 2022. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3346198/fr/obesite-de-l-adulte-ameliorer-la-prise-en-charge-medicale-des-cas-les-plus-severes


